Naître, vivre et mourir: dossier de presse
| Par ailleurs, le visiteur découvrira
quelques rites calendaires suisses, présentés sous la forme d'un
cortège qui défile en marquant les moments forts du cycle annuel, de novembre au
printemps et essentiellement à travers une liturgie catholique, C'est enfin une
réflexion sur l'ethnologie régionale et sur notre propre société que propose Naître, vivre et mourir. Avec la collaboration de l'Institut
d'ethnologie et d'étudiants intéressés par ces problèmes, c'est aussi la «fabrication
des Suisses» qu'analyse M.
Jacques Hainard à travers l'école obligatoire, la formation
professionnelle mais aussi le refus, et même la contestation. Bref, si avec cette exposition il s'agissait bien, ainsi qu'il l'a laissé entendre, du rite de la première fois pour le nouveau conservateur, il s'agit aussi d'un brillant... passage dont on retiendra de son auteur ce voeu: Que cette exposition permette de faire comprendre à tous quelles que soient les difficultés économiques et financières qui nous attendent que le Musée d'ethnographie de Neuchâtel doit rester ce lieu privilégié où l'on apprend la différence, l'altérité et la tolérance [...]. Mo. J., Feuille d'avis de Neuchâtel, Neuchâtel, 29 juin 1981 Dix sur dix. C'est la note que l'on peut
attribuer au conservateur du Musée d'ethnographie, M. Jacques Hainard
qui, samedi après-midi, a présenté sa première grande exposition. On avait déjà
remarqué sa griffe à la fin de l'année dernière en parcourant quelques petites salles
transformées en un domaine de rêve puisque les présentations étaient consacrées à
Noël. Le vernissage de samedi mettait un point d'orgue à huit mois de travail, de
démarches auprès de collectionneurs et de musées. M. Jacques Hainard
a su communiquer son enthousiasme à de nombreuses personnes qui ont apporté leur
collaboration, notamment les étudiants de l'Institut d'ethnologie de l'Université. Die Ausstellungen
des Neuenburger Ethnografiemuseums
zeichnen sich seit Jahren aus
durch die Fülle der angebotenen Information. Diesmal aber wurde des Guten zuviel
getan: Die (ausschliesslich französischen) Texte sind so zahlreich und ausfürhlich
geraten und zugleich ist ihre sorgfältige
Lektüre für ein Verständnis der Ausstellung unumgänglich, so dass sich
auch ein echt
interressierter Besucher überfordert fühlen mag und das Museum mit einem Gefühl der Erschöpfung statt der Bereicherung verlässt. Les
maquettes représentant les Suisses et leur fabrication sont d'encore plus mauvais goût,
mais l'on sent ici un parti pris qui crée un malaise: si l'on a voulu éviter tout
ethnocentrisme autour des sociétés non européennes, il semble que celui-ci se soit
glissé à l'étage où l'on montre les Suisses. Une critique de la Suisse s'y fait jour,
superficielle parce qu'elle ne montre pas la hiérarchie réelle des causes qui
structurent le pays à travers ses rites de passage, mais en considère seulement les
apparences spectaculaires, des Suisses semblent se regarder avec dédain, dans une sorte d'autoethnocentrisme. Mais cela soulève en fait le problème le
plus intéressant, et il parait que c'est là la réussite de l'exposition: comment
peut-on être l'ethnologue des Suisses? Comment parler de soi en ethnologue? Est-ce
possible, ou l'ethnologie n'est-elle qu'un nouveau rite de passage, qui sépare
l'ethnologue de ses concitoyens par sa spécialisation, qui l'envoie en marge de sa
société étudier des peuples lointains, et qui lui permet de revenir s'agréger à sa
communauté en organisant une exposition de ses recherches? En
plus de l'intérêt légitime dont elle est, à n'en point douter, l'objet, cette
exposition revêt, à deux titres, une importance sans précédent qui lui confère un
caractère quelque peu particulier. Tout d'abord par son thème, «Naître, vivre et
mourir», plus universel, plus ambitieux mais plus périlleux aussi que ceux qui
présidèrent par le passé dans ce musée. Ensuite par la découverte qu'elle
impliquera... Renzo Bertino, Corriere del Ticino, Lugano, 30 septembre 1981 Petite fille du colonialisme, l'ethnologie
a vu son terrain de prédilection rétrécir comme une peau de chagrin. Les sociétés
qu'elle étudiait ont été pour la plupart pulvérisées par une civilisation
industrielle triomphante. Elle a néanmoins encore un rôle à jouer, pas seulement sous
les tropiques. A
partir des Rites de passage, le Musée d'ethnographie de Neuchâtel, en Suisse, a
organisé une exposition tout à fait remarquable [...], montrant comment toutes les sociétés réglementent par des
cérémonies spéciales les passages successifs de l'individu: du sein de la mère au
groupe qui l'accueille, d'un âge à un autre, d'une occupation à une autre et enfin de
la société où il a vécu à celle des morts, des ancêtres ou de I'au-delà. L'exposition
a su illustrer cette universalité de manière extrêmement complète, englobant non
seulement les pratiques ancestrales, mais encore quelques formes toutes proches. Une
partie importante montre en effet la survivance des rites de passage dans la Suisse
d'aujourd'hui où la désacralisation des gestes a engendré des rites nouveaux. Le mythe
n'est donc pas l'apanage des seules civilisations anciennes: l'ethnologie se trouve
désormais à nos portes.
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| Mise à jour le 19.09.1998 [Webmaster] |