Le corps enjeu: dossier de presse
| Cette
exposition, comme celles qui ont précédé, n'est pas un étalage de choses exotiques
propres à nous faire rêver sur les bizarreries des autres peuples (et à nous rassurer
sur notre développement... ou à nous le faire regretter). Bien que l'amateur de
curiosités venues de l'étranger doive y trouver son compte
ô combien! , il sera également mis face à sa propre
culture et forcé de la considérer avec l'oeil d'un étranger. Il sera dans la peau (!) d'un ethnologue qui cherche à comprendre une société
différente en se mêlant aux indigènes. Stanislas Joly, Courrier de Neuchâtel, Colombier, 2 juin 1983 Le Musée d'ethnographie de Neuchâtel ne veut plus confronter le
visiteur dans ce qu'il attend de l'institution muséale, il veut l'interroger. [...]
une exposition qui entraîne la discussion, la réflexion et l'étonnement. Elle est
dédiée aussi bien aux très jeunes visiteurs qu'aux adultes et aux aînés, elle ne peut
que passionner, intéresser, instruire... Ce
télescopage d'objets, dont la provenance balaie presque toute l'histoire de l'humanité et toute la surface de la planète, résume bien à lui seul l'esprit dominant de l'exposition qui vient d'ouvrir ses portes.
[...] Finies les expos consacrées spécifiquement aux
Esquimaux, aux Touaregs ou à telle population plus ou moins
exotique. Place à l'exposition «analogique» qui, sur un
thème très extensible, éclaire le plus large spectre possible. [...] Inaugurée il y a deux ans avec l'exposition Les Rites de
Passage, confirmée l'an dernier avec Collections Passion, cette ligne de
conduite a ses supporters enthousiastes, surtout dans les rangs de la nouvelle école, et
ses adversaires vigoureux: les uns et les autres se manifestent aussi bien parmi les
visiteurs que dans les milieux ethnographiques. Die Ausstellung will
ausdrücklich den Bürger
nicht in seinem Bildungskanon bestätigen, sondern ihn durch
seltsame, skurrile, frappante Kombinationen überraschen, zum Denken anregen,
ins Gespräch führen. Dieses Ziel
wird wohl erreicht.
Die sorgfältig aufgebaute und reichhaltige Ausstellung widerspiegelt aber mehr ein assoziatives und von funkelnden Spracheinfällen angeregtes Denken und lässt die zwingende wissenschaftliche Fundierung vermissen. Vor allem
fehlt die historische Dimension. Mais l'occasion est belle aussi de découvrir grâce à cette exposition d'autres
modes que le nôtre de vivre et de penser son corps, dans d'autres sociétés, et de
relativiser ainsi le jugement que nous portons sur autrui, cet étranger (souvent cet
inférieur à nos yeux d'Occidentaux). Le corps des autres,
semblable et extérieur au nôtre, fait ainsi le lien entre le monde et nous. Marco Horat, Corriere del Ticino, Lugano, 24 juin 1983 Une
seule réserve dans ce voyage très dense au pays du corps: il invite presque à mépriser
nos «Q-tips» et nos «Tampax»
pour admirer sans réserve les pincettes africaines. En oubliant, dans notre volonté
parfois nostalgique de respecter les autres cultures, que nous avons également un passé
raffiné, et qu'elles aussi évoluent -immanquablement? - vers l'ère des gants en plastique rose. Klettgauer Zeitung Schaffhauserland, Hallau, 22 juillet 1983 Alors, cette expo? ben, elle est peut-être
révolutionnaire pour Neuchâtel, à la limite Fribourg, mais ça s'arrête là.
Attention: je ne dis pas qu'elle est inintéressante! Au contraire, c'est une bonne
exposition. Disons une bonne introduction à une réflexion sur le corps, bien mise en
images, sans trop d'audace. On y voit bien un kleenex
souillé, pour nous rappeler que le corps a ses sécrétions, mais on ne va tout de même
pas pousser le réalisme jusqu'à mettre en montre un tampax
taché de sang. C'eût été pourtant dans la logique du mouchoir, mais je ricane sur des
détails sans importance au regard de l'ensemble. Je m'arrête sur la planche «soins et
déchets du corps» qui à mes yeux révèle les inhibitions
de notre époque. Mais d'autres aspects nous attendent. Le
fil de l'exposition étant cérébral au plus haut point, on pouvait montrer un peu
n'importe quoi pour illustrer le propos. Selon une habitude prise il y a longtemps,
l'exposition est visuellement présentée d'une manière aussi somptueuse qu'intelligente. Et, suivant la pratique qui s'est installée il y
a quelques années, elle se veut aussi un divertissement. Zwei Qualitäten
zeichnen das Neuenburger Völkerkundemuseum aus: eine sehr
reiche, alle Erdteile Umspannende eigene Sammlung und eine wissenschaftliche Arbeitsrichtung, welche unsere eigene Gegenwartskultur zurn Gegenstand ethnographischer
Forschung macht. Cette
exposition, passionnante, est pourtant loin d'être exhaustive. Bien après l'avoir
visitée, son interrogation nous poursuit, tant il est vrai que notre propre corps,
indissociable de notre être, nous est encore très étranger. Il reste mystérieux, tout
en étant la partie la plus sensible de l'univers. En
fait. on peut admettre qu'il y a dans l'exposition du Musée d'ethnographie de Neuchâtel
de quoi déranger à peu près tout le monde, ne serait-ce qu'en raison de la
multiplicité des points de vue. Pour avoir présenté, de la façon la plus large
possible, et au travers de civilisations éloignées par l'espace et par le temps, un
ensemble considérable d'objets ou d'images liés à l'existence physique et
intellectuelle du corps, le Musée n*en aura pas moins réduit le spectateur attentif à
s'interroger d'abord lui-même. Depuis
longtemps les expositions du Musée d'ethnographie ont dépassé les frontières du canton
de Neuchâtel. Centrée autour d'un thème particulièrement actuel: le corps,
l'exposition de cette année séduit, choque, invite à la réflexion. Impossible de
réduire sa richesse à une plate énumération des thèmes traités, chacun y trouvera,
partant d'un point de départ tout personnel, une ample moisson d'impressions, de
réminiscences, de sujets d'étonnement ou de répulsion. Exposition
très dense donc que ce Corps enjeu qui demande une visite attentive, curieuse et
passionnée, qui parfois ne fait qu'entrouvrir certaines perspectives, mais qui suscite
toujours un intérêt soutenu. Fatalement fragmentaire, parce qu'embrassant un champ très
vaste, mais interpellant le visiteur et l'interrogeant sur sa finalité, cette exposition
pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. C'est que précisément elle est
allée très loin sur les chemins de l'indicible et de l'insondable. Notre corps, cet
inconnnu, c'est en quelque sorte la grande révélation qui nous est laissée au moment de
quitter le seuil du musée neuchâtelois. Ce
succès est celui d'une nouvelle forme de muséographie. Les sociétés extraeuropéennes
sont mises sur le même pied que la nôtre. Un cure-nez africain est exposé à côté
d'un mouchoir en papier. On «catapulte les objets», dit Jacques Hainard, qui ajoute:
«Ces raccourcis fascinent les gens».
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| Mise à jour le 19.09.1998 [Webmaster] |