Les
musées sont-ils un «mal nécessaire» ? En même temps qu'ils prolifèrent de manière
presque inquiétante et sous les formes les plus antagonistes, les musées, en ce dernier
quart du XXe siècle, soulèvent des débats particulièrement animés.
Si répandue qu'elle soit, l'institution procède d'une conception spécifiquement
occidentale du temps qui passe, impliquant une dimension de l'espace nécessaire à son
déroulement, à quoi s'oppose celle du temps qui dure des civilisations «archaïques»
et «primitives». Le repli nostalgique que manifeste la multiplication des musées est
signe d'une angoisse face à l'avenir, d'où sans doute la crise qu'ils semblent traverser
actuellement. Conservatoires incomplets et imparfaits d'un passé qui fuit, troublés par
la perte de consensus du temps présent, impuissants à saisir le futur, ils subissent la
critique tant des modernistes que des classiques. |

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