Temps perdu, temps retrouvé: dossier de presse
| Plus que la simple inauguration d'une
nouvelle exposition, c'est une nouvelle et grande porte sur une passionnante réflexion
qui s'est ouverte samedi au Musée d'ethno,graphie. Mo J., Feuille d'Avis de Neuchâtel, Neuchâtel, 3 juin 1985 S'y trouve souligné également le choix
de la méthode fondamentale d'exposition: la contamination du sens provoquée par la
juxtaposition d'objets différents. Il s'agit de raconter une
histoire et non de se limiter au seul étalage d'objets munis de leur étiquette. Tout
se passe comme si le Musée de Neuchâtel, acteur d'une cérémonie funéraire longue de
cinq ans consacrée à la mort du Musée, arrivait maintenant au terme du rite de passage.
Après les rites de séparation et de marge, c'est au tour des rites d'agrégation de
prendre place. Le musée mort à son passé, renaît
différent: il peut désormais s'intégrer pleinement à la société qui lui a donné
naissance en devenant un lieu de réflexion et de critique. Il confesse que ce qu'il faut
sauver du présent, c'est en tout cas le musée. Connaissance du monde et connaissance de
soi sont ses lois; finalement, il nous permet de contempler l'Idée
du musée. Marie-José Fournier, Radio-TV Je vois tout, Lausanne, 20 juin 1985 Unter dem Titel "Temps perdu, temps retrouvé: du côté de l'ethno... " hält das Musée d'ethnographie in Neuchâtel Rückschau. Es fragt kritisch, aber auch mit einem Augenzwinkern nach Sinn und Funktion des Museums, besonders des Ethnologischen Museums, in unserer Zeit. Paul Ignaz Vogel, Basler Zeitung, Bâle, 22 juin 1985 Et
c'est ma foi vrai qu'en enregistrant, cataloguant, planquant; en accumulant, en entassant,
collectionnant dans des musées, des albums, des réserves, des dictionnaires, nous nous
donnons bonne conscience vis-à-vis du passé. Fort
de son ambivalence fonctionnelle de conservation et d'exploration, le Musée
d'ethnographie peut, mieux que les institutions parallèles, faire le "discours du
discours" et s'interroger sur son rôle: " ...
préserver le patrimoine, si tant est que nous devons transmettre le patrimoine et lequel ?", (s') interroge le
conservateur et directeur de l'exposition. La
Suisse est terre fertile en musées. C'est là une richesse infiniment précieuse. Mais il
est aussi fondamental et passionnant que l'un d'entre eux se consacre ainsi et avec
cette qualité d'analyse et d'illustration à la radiographie de l'institution
elle-même. Jacques
Hainard, quant à lui, essaie de faire un discours cohérent,
de faire passer un message. En confrontant des objets dans son musée, en leur prêtant
des fonctions diverses, il a tenté de faire naître une réflexion sur ces objets, pas si
neutres qu'il n'y paraît, sur le pouvoir, sur la notion du temps. Mais
pour Jacques Hainard, la mission du Musée d'ethnographie
doit être plus ambitieuse que celle de simple conservatoire du temps qui passe. La "muséification "
transfigure automatiquement l'objet. Marcel Duchamp l'avait manifesté symboliquement et
insolemment quand il avait exposé un urinoir et un porte-bouteilles portant sa signature. Die Gestalter der Ausstellung von
Neuchâtel machen sich keine Illusionen: Wie durchdacht auch
immer ein Museum konzipiert sein mag, es wird gewissen Verzerrungen
und der "Künstlichkeit" nicht
entgehen. Ästhetisierung,
"Starkult" um seltene Stücke und die immer willkürlich bleibende Kombination der Objekte schaffen neue Sinnzusammenhänge,
die den Gegenständen und der Kultur
ihrer Herkunft nur bedingt gerecht
werden können. Trotzdem so wird
argumentiert, hat das Museum in der modernen Konsum- und Wegwerfgesellschaft angesichts der pausenlosen, flüchtigen Reizüberflutung (welche das rasche Vergessenkönnen
zur Überlebensfrage macht) wichtige Funktionen
zu übernehmen als Refugium der Vergangenheit
und des kollektiven Gedächtnisses,
das mehr denn
je vom Fortschritt bedroht ist. Peut-on
affirmer, comme on peut le lire sur l'un des panneaux explicatifs, que "seule une
muséographie qui ose contaminer le sens des objets en les confrontant les revitalise,
puisqu'ils deviennent ainsi porteurs d'un nouveau message et que le musée enfin se
transforme en un lieu critique, conscience du présent et ouverture sur le futur" ?
De là à faire voisiner le hachoir à viande et la statuette du Bouddha, le tube de pâte
dentifrice, le briquet jetable et le réveil-matin... il n'y a qu'un pas. Faut-il le
franchir ? Ce ne sont là que quelques-uns des aspects du débat proposés par cette
exposition. Que chaque visiteur aura tout loisir d'approfondir. A condition qu'il n'ait
pas décroché en cours de route. Car si l'exposition veut alimenter la réflexion
critique, il en est une, de critique, à laquelle elle n'échappe malheureusement pas: un
intellectualisme prétentieux qui risque fort de décourager plus d'un visiteur. Ce qui
serait dommage. Le catalogue théorise beaucoup sur la question. Lexposition plus directe lance des slogans à réveiller les morts. Cécile Lecoultre, 24 Heures, Lausanne, 24 septembre 1985 A-t-on
jamais entrepris de s'interroger avec assez de rigueur, ici en Suisse, sur la tentation
d'exposer et la fonction du musée, ensemble de pratiques et de désirs très
particuliers, en passe de gagner aujourd'hui (et comme la puissance du général et de
l'universel ? Si le meuble fait partie de certains musées,
le musée quant à lui fait bien partie des meubles... Avec "Temps
perdu, temps retrouvé: du côté de l'ethno...",
visible jusqu'au 5 janvier 1986, le Musée d'ethnographie de Neuchâtel propose un
parcours critique de la question. C'est tant mieux. Nous
avons parcouru, côté ethno, ces temps perdus et retrouvés
avec tout l'humour, non sans une certaine concentration, qu'exigent
les auteurs de cette nouvelle exposition. Un parcours qui suit une certaine logique
également, et qui emmène le visiteur à travers une quinzaine de points essentiels. Les
musées sont "touchés", le visiteur aussi, un certain nombre d'interrogations
viennent immédiatement chicaner l'esprit et voilà notre prétendu bon sens remis en
question. Mais c'est tellement vrai que l'on mélange les genres, que l'on amoncelle les
trésors, que la mémoire a besoin d'objets, que tout est manipulé, individu compris, que
l'on est agressé quotidiennement. [... ] Avouons-le:
il faut un petit côté maso pour visiter les expositions de Jacques Hainard,
conservateur du Musée d'ethnographie de Neuchâtel. Vous croyez aller découvrir de beaux objets et par là vous rassurer un peu. Raté !
D'emblée le propos des ethnologues vous titille les méninges. Les années précédentes
déjà, maints visiteurs avaient eu un choc, en voyant exposés dans une vitrine de musée
des objets aussi vulgaires que des Tampax ou des boîtes de
Coca. [...] Nun, was
erlebt der Besucher in Wirklichkeit ? it erlesenem Geschmack sind sämtliche Exponate arrangiert, präsentiert, beschriftet, beleuchtet. Wer aber den Sinn der Ausstellung lediglich in ihrer ästhetischen Qualität erblicken möchte, ginge nicht auf
ihr wahres Anliegen
ein: dieses besteht nämlich in einer scharfsinnigen, gelegentlich schonungslos geführten Selbstprüfung und Selbstbefragung der Ausstellungsmacher
über Sinn und Wesen, Zweck und Ziel derartiger Museumsveranstaltungen. Ein kleiner
Wermutstropfen bleibt allerdings zu erwähnen:
Die durchwegs in Schwarz gehaltenen
Ausstellungsräume, mit zum Teil nur spärlicher
Beleuchtung, die mehreren finsteren Treppen vermögen zwar sicher
die Spannung und Aufmerksamkeit
des Besuchers zu gewinnen, bilden aber gleichzeitig ein unüberwindliches
Hindernis für alle Geh- und Sehbehinderten.
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| Mise à jour le 19.09.1998 [Webmaster] |