Le mal et la douleur: dossier de presse
| Une exposition
sur le désordre, un mal collectif que les sociétés pressentent, mais ne tolèrent qu'à
de rares occasions. Justine Deleau, Courrier neuchâtelois, Colombier, 4 juin 1986 Comment les
sociétés appréhendent-elles le mal, désordre inadmissible débutant bien sûr avec la
trop fameuse pomme. Une
fois encore, cette institution ne se contente pas d'offrir "gratuitement" et
dans un souci essentiellement esthétique des objets plus ou moins exotiques au regard du
visiteur. [...] Le musée sublime sa vocation de simple lieu d'exposition, pour devenir
berceau d'interpellation, circuit de réflexion. Oeil
froid donc, qui relève les grandes familles de procédés inventés par l'homme pour
faire face au mal, assimilé culturellement au désordre. Autre
question venant constamment à l'esprit: à quoi sert le mal, sert-il, doit-il servir à
quelque chose ? D'entrée de jeu, l'exposition démarre sur une question choc. Dès
l'ouverture de l'exposition neuchâteloise, le ton est donné: tout en contrastes. [...]
La démonstration se veut critique, pour faire percevoir que le bien et le mal sont des
notions fluctuantes. Associés
sur une même affiche, les deux mots n'ont rien d'engageant. Notre société n'aime en
effet ni l'un ni l'autre. Vous
êtes immédiatement concernés par la douleur, le malheur des innocents. Tout au long de
ce parcours du mal et de la douleur, on est saisi par l'exceptionnel comme par le banal de
certains "rites". C'est parfois effrayant par les images et par les objets.
[...] Une exposition réaliste et cruelle ! A
l'heure où les musées foisonnent sans convaincre... la démarche du Musée
d'ethnographie de Neuchâtel n'en est que plus intéressante. la
naissance, la vie [...] l'actualité du mal [...], une réflexion sur les fléaux humains
et naturels. Le
visiteur prend conscience que les lois morales sont variables à travers les
civilisations, les cultures, les siècles, les populations et les tribus. A
déconseiller aux personnes sensibles, avertissent certaines annonces de films violents.
Devant l'exposition "Le mal et la douleur", au Musée d'ethnographie de
Neuchâtel, on a envie de dire "à conseiller aux personnes sensibles", à
celles qui désirent le rester. L'intention
du musée n'est pas de faire une oeuvre pieuse pour le "bien" de l'homme. Incroyable,
la douleur que l'homme peut s'infliger pour court-circuiter le mal. Pas
de divan psychanalytique au Musée d'ethnographie, mais le divan de la torture. La
présentation neuchâteloise n'est pas de tout repos et agresse violemment notre
sensibilité. Faut-il
être un peu maso pour choisir comme but d'une belle journée la visite de cette
exposition qui inaugure les nouveaux locaux du Musée d'ethnographie de Neuchâtel ?
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| Mise à jour le 19.09.1998 [Webmaster] |