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Les crises existentielles et sociétales ont ceci de commun qu'elles obligent à remettre en question le quotidien, le banal, «ce qui va de soi.», à vaincre cette inertie que la sagesse populaire d'un terroir voisin exprime par une formule plus subtile qu'il n'y paraît: «Quand on voit ce qu'on voit, quand on entend ce qu'on entend, quand on sait ce qu'on sait, on a bien raison de penser ce qu'on pense». |
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Le véhicule le plus évident de la pensée ordinaire est les médias, particulièrement la télévision, qui s'y abreuve et la propage. N'entend-on pas dire: «J'y crois, je l'ai vu à la télé » ? L'exposition propose par conséquent six rubriques constituant les actualités télévisées du jour, dont les titres sont choisis parmi les phrases toutes faites du sens commun. Les six séquences sont vécues par un personnage imaginaire dans un cadre donnant sens à la nouvelle exposée par le présentateur. Au-delà de l'immédiateté de l'écran, le regard ethnologique tente en effet de relativiser l'événement en l'insérant dans un vécu plus large et en tissant des parallèles explicatifs. La soirée télé se prolonge ensuite par un débat consacré à des questions plus graves, telles que la drogue, le sida ou le racisme. Grâce au recul critique que lui offre l'ethnologie, le MEN suggère alors au visiteur les limites de certains énoncés de sens commun et des jugements lapidaires portés sur la complexité sociale. Les concepteurs ne tentent cependant à aucun moment de confronter en censeurs la pensée ordinaire et la pensée savante, ajoutant avec condescendance aux bêtisiers, sottisiers et autre Dictionnaire des idées reçues mais s'interrogent avec leurs visiteurs sur les comportements quotidiens qui fondent le «sens commun», filtre culturel indispensable à la communication et lieu de résolution des problèmes du moment.
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| Mise à jour le 18.09.1998 [Webmaster] |