L'exposition Pom pom pom pom, qui fut prolongée jusqu'au 15 mars 1998, a suscité de nombreux commentaires, dont voici quelques extraits: Tout d'abord, une cybercritique:
Puis la presse écrite: La musique c'est... la musique. Et «Pom pom pom pom», c'est
Beethoven. Les gens du Musée d'ethnographie de Neuchâtel ont voulu aller plus loin que
ces raccourcis, pour scruter les dessous de notre bain musical quotidien. Le conservateur
Jacques Hainard et ses collaborateurs ont accordé leurs talents pour composer une visite
au-delà des notes. Leur nouvelle exposition, «Pom pom pom pom», présentée hier à
Neuchâtel, est une invitation à voir la musique. Cette symphonie ethnographique donne le
ton d'une réflexion en trois mouvements sur la bande-son de notre époque et ses
activités dérivées. «Pom pom pom pom». Malgré un titre percutant, croquant Beethoven
et les vigoureuses initiales de sa 5e Symphonie, l'exposition du Musée
d'ethnographie de Neuchâtel ne cherche pas à mettre en image la musique telle qu'elle
est ou a été pensée, conçue, composée. Elle donne en revanche à voir
la musique telle qu'elle est utilisée, perçue, consommée dans les diverses sociétés
humaines. Fidèle à sa démarche «ethnographique», et privilégiant l'effet de
surprise, elle fonctionne essentiellement sur la base de la confrontation, volontiers
abrupte, entre les symboles de diverses cultures et diverses époques. Le masque de
Michael Jackson côtoie ceux de sorciers africains ou des masques de carnaval, le buste de
Beethoven se retrouve avec des lunettes en plastique sur le nez. Quelle est la place de la musique dans nos vies et dans notre monde?
Quel rôle y joue-t-elle? Au Musée d'ethnographie de Neuchâtel, l'exposition intitulée
«Pom pom pom pom», en hommage aux quatre premières notes de la Cinquième Symphonie
de Beethoven, se penche sur ces questions. En neuf stations, elle invite le visiteur à se
promener à travers les multiples territoires de la musique, et à écouter la «bande-son
de notre époque». Autrement dit, l'envers du décor sonore qui nous entoure. La musique s'écoute, bien sûr, mais elle peut aussi être
«donnée à voir». C'est ce que fait cette année Jacques Hainard et son équipe du
Musée d'ethnographie de Neuchâtel. La vision qu'ils en donnent ne respire pas toujours
l'harmonie. Faite pour susciter les émotions, la musique n'est pas innocente. Une section
de l'exposition, conçue comme de coutume avec Jean-Pierre Zaugg, s'intitule d'ailleurs
«Transes en danses». On vous parlera moins de notes que de résonance. Car la musique a
une histoire sociale. Elle a et elle est un contexte, une ambiance. Il
fallait oser aborder son statut social, le sien et celui de son vilain frangin, le bruit.
Jacques Hainard et son équipe ne font finalement pas beaucoup de différence entre
musique et autres sons. Ils ont un seul contraire: le silence. Mais jamais l'exposition ne
s'enlise dans la cacophonie. [...] En neuf espaces sonores et visuels d'exposition, la musique
n'apparaît plus comme innocente. Elle est manipulatrice et exploitée. Inspiratrice ou
oppressante. Elle devient un objet de pouvoir, utilisée comme auxiliaire obéissante de
l'endoctrinement idéologique ou économique. On la découvre aussi comme instrument
propice à la méditation. Elle est le moyen d'influencer les réflexes identitaires. Elle
se décline en vêtements et en objets de consommation. Elle s'impose également comme
l'expression d'une origine ethnique et participe parfois au rejet de l'autre ou, au
contraire, rassemble. Visiter «Pom pom pom pom» prend du temps. Il n'y a pas que les
objets. Il y a des textes aux murs qu'il vaut la peine de lire et la musique qui invite
parfois à revenir sur ses pas. «Pom pom pom pom» è una mostra che sembra di facile lettura ma
che invece è ricca di implicazioni. Ad aiutarvi. O a complicarvi ulteriormente la vita,
ci pensa un mini-catalogo che è una vera e propria guida pratica all'esposizione e un
volume redatto da vari studiosi sul tema dei rapporti tra noi e la musica. La musica
insomma per capire la società (la nostra e quella degli altri) e noi stessi. Non è poco. Pour la première fois, le Musée d'ethnographie de Neuchâtel
intègre des sons dans une exposition. Ces éléments musicaux sont diffusés «en
douche». Au total, l'espace est animé par neuf points sonores prolongeant les
thématiques. Le but: éveiller le regard appelé à suivre le cheminement d'une énigme
au moyen d'un souvenir sonore. L'effet est heureux: le visiteur n'a nullement l'impression
d'un cafouillis, malgré la grande diversité des partitions entremêlées. L' ensemble est terriblement efficace, bouscule avec humour les
idées reçues et pousse le visiteur à réfléchir davantage sur l'apparente évidence de
certaines valeurs musicales. En sortant de l'exposition, il écoutera à coup sûr d'une
oreille différente ses musiques préférées. Wer den Ethnologen auf ihrem Pfad folgt, merkt bald, worum es ihnen
bei der Ausstellung rund um die Musik geht. Den Ausstellungsmachern, diesen verspielten
Intellektuellen, vergeht zum Schluss das Lachen. Und mit ihnen wohl auch dem Besucher.
Fragen wirft die Ausstellung viele auf. An uns Betrachtern ist es, Schlussfolgerungen zu
ziehen, Zum Finale liegen die Instrumente in Abfallkübeln, fein säuberlich entsorgt.
Sollten wir sie etwa nicht mehr benötigen? So entlässt die Ausstellung die Besucher
bestimmt nicht mit neuen Erkenntnissen, sondern eher verstört und beunruhigt. Aber wer
kann sagen, ob die negative Provokation, wie sie hier geübt wird, heute nicht die einzige
Vorgehensweise ist, die sich nicht dem Vorwuf der Anbiederrung aussetzt.
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Mise à jour le 18.09.1998 [Webmaster] |