L'exposition Derrière les images, qui fut prolongée jusqu'au 7 mars 1999, a suscité de nombreux commentaires, dont voici quelques extraits: Selon
Jacques Hainard, le dedans intime et le dehors public des images s'interpénètrent. A une
«assimilation d'ordre intérieur» se rattache une «gestion extérieure». L'ordre
social se manifeste dans le rappel de ce qui est politiquement correct, dans les images
que l'on peut montrer, celles que l'on peut voir et celles que l'on ne devrait pas voir,
suivant les époques, les situations historiques, les concepts culturels ou de
civilisation. Regarder
derrière les images, c'est lire entre les lignes. C'est creuser un vide pour échapper à
tous les concepts de tous les pros de la communication. Il faut toujours aller derrière.
Là où il n'y a plus de couleur rouge sang, là où le blanc remplace le papier glacé.
Lorsqu'il n'y a plus rien, on peut enfin réfléchir les yeux fermés. Lorsqu'il n'y a
plus rien, il y a tout. L'exposition
est séduisante parce qu'à la fois ludique et riche de sens comme toutes celles conçues
par le MEN. En sortant, pas même un miroir ne nous paraît innocent. Mais à force de
suivre Jacques Hainard dans ses dédales, été après été, on le surprend à mettre
chaque thème au service d'une seule et même idée, que ce soit la musique, Marx ou la
femme: nous sommes de pauvres êtres manipulés par la société de consommation. Les
magnifiques objets qu'il réunit et qu'il met en scène si audacieusement sont trop vite
réduits à leur but: servir un discours. Comme si, à l'image de l'image, il ne restait
rien de l'objet exposé, tout au plus le message que lui donne le musée le temps d'une
exposition. Comme
toujours à Neuchâtel, Derrière les images constitue un travail d'équipe. Jacques
Hainard a collaboré avec Marc-Olivier Gonseth, Fabrizio Sabelli et quelques autres.
Jean-Pierre Zaugg signe une nouvelle fois le décor. C'est Zaugg qui marie et qui
éclaire. C'est lui qui communique le plaisir vanté par Jacques Hainard. Derrière les
images, n'y aurait-il finalement pas un scénariste et un metteur en scène ? Mit
dieser Annahme stimmt in Neuchâtel auch der letzte Raum der Ausstellung überein, ein
leerer, weisser, hell ausgeleuchteter Kubus, der sagen will: Macht mit der Ausstellung,
was ihr wollt, stellt euch selber eine Ausstellung zusammen. Jacques Hainard, Roland Kaehr
und Marc-Olivier Gonseth haben dieses Prinzip in allen früheren Ausstellungen
jedes Jahr eine und jedes Jahr mit mehr Jonglierkunst angewandt und hier auf die
Spitze getrieben, könnte man meinen. Weiter können die Ausstellungsmacher nicht gehen,
als wenn sie einen leeren Raum einrichten und sagen: Das ist das Maximum, was wir sagen
und zeigen können. En
route pour un parcours initiatique découpé en trois volets ! Surfaces
sans épaisseur ne renvoyant qu'à elles-mêmes, les écrans révèlent vite leurs
affinités avec l'image. Dans l'exposition, il y a ceux, matériels, du cinéma et du
téléviseur où défile Euronews. Et puis ceux, plus fantasmatiques, de nos projections
intimes liées à la mort, à la sexualité, au sacré. Au chapitre «stigmates», entre
les chips et le chocolat Spice Girls, arrivent Barbie et Lady Di. La princesse de Galles
reviendra plus tard quand on évoquera les «modèles». Juste avant, la vitrine des
«mirages» réserve quelques surprises aux attentifs: des matriochkas aux seins nus
fabriquées à Papeete ou une fausse tête réduite tsantsa en peau de singe à usage
touristique. Conçu sur le «principe du feuilletage», jalonné de textes d'auteurs de
tous horizons, le parcours classe, décortique, jongle avec les objets, multiplie les
confrontations et les dérives métaphoriques, passe du privé au public pour évoquer
ensuite le contrôle des images, la normalisation, la censure. Malheureusement et comme
s'interdisant d'aller plus loin, il s'arrête sur le seuil des
interprétations. Et semble ainsi faire écho au tableau du plasticien Rém9[y] Zaugg qui
proclame : «Et si, dès que je pense, le monde me devenait étranger.» Sous
les spots ou les lumières tamisées, selon les thèmes successivement abordés dans les
salles-cellules que le public traverse un peu comme un train fantôme, les acteurs de
cette comédie insolite et ô combien tonifiante pour la tête et les sens s'alignent
selon plusieurs cercles: celui des mots d'abord, importants pour leur poids conceptuel et
idéologique: celui des images d'aujourd'hui ensuite, arrachées aux magazines ou
véhiculées sur des supports-objets faisant partie de la banalité des choses; puis,
légèrement en retrait, celui des images signifiées par des objets ethnographiques et,
enfin, les judicieuses balises inventées par Jean Charles Blanc, voyageur et
collectionneur infatigable, détenteur et fabricant de pièces uniques. La
liberté est une conquête de chaque instant, telle est la conclusion d'un tel parcours
dont la dernière ligne droite est particulièrement déstabilisante à tous points de
vue. L'alternance des noirs et blancs donne le vertige et les décrets sont affichés sans
nuances. Ici c'est le monde de l'art qui est visé, un thème qui demande à être revu et
corrigé de la belle manière. Il fera l'objet de la prochaine exposition du Musée
d'ethnographie de Neuchâtel. On affûte déjà les couteaux.
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Mise à jour le 31.03.1999 [Webmaster] |