Derrière les images
   

Réflexion sur l'image conçue comme espace à explorer sous forme d'un parcours physique et mental, l’exposition adopte le principe du feuilletage: une image renvoie toujours à une autre image, qui renvoie elle-même à une autre image, et ainsi de suite.
Partant de l'univers intime, le trajet fait intervenir des attributions de sens, des associations, des projections et des fantasmes liés notamment à la mort, au sexe et au sacré, domaines essentiels de la production de représentations.

Les coulisses de la mémoire

  
Sont évoqués tour à tour, dans une série d’alcôves oniriques et sensuelles, les images qui se nichent au creux des mots, l’importance du cadrage dans la construction du sens, la lutte contre un corps trop sage et trop poli par inscriptions corporelles et transgressions rituelles interposées ainsi que les jeux de cache-cache auxquels les humains s’adonnent avec leurs souvenirs, avec leur sexualité et avec leur inconscient.

Abordant la sphère publique par un belvédère, l'itinéraire présente ensuite des figures et des symboles associés au savoir, au pouvoir et à la croyance, projetant dans l'espace une vision sociale des objets et des corps convoités, vendus, mégalisés, explorés, sacralisés et couronnés.  

Sont alors évoquées les mises en scène suggestives qui, sur les murs des villes, dans les vitrines des magasins, sur les places publiques ou dans la pénombre des églises nous vendent du désir en kit de la confiance en logos et en marques, du pouvoir en monuments, de l'exotisme en souvenirs et en stéréotypes ainsi que de l'exemplarité en chapelles et des chimères en devantures.

Révélations photographiques

 

 

  
Le périple débusque enfin les conflits d'interprétation liés au contrôle des images par la normalisation, l'iconoclasme, la censure et le décret. Apparaissent alors de moins en moins de représentations concrètes et de plus en plus d'enjeux de société, de normes, de règlements et de codes circulant à travers les injonctions médiatiques, les prescriptions idéologiques et les affirmations esthétiques.

Le blanc absolu concluant le voyage témoigne de l'impossibilité de penser les images en dehors de l'imprégnation culturelle qui permet de les reconnaître et de les analyser. Car derrière les images, il n'y a rien.

  

Mise à jour le 28.11.2003   [Webmaster]