L'exposition
L'art c'est l'art, prolongée jusqu'au 28 mars 2000, a suscité de nombreux
commentaires, dont voici quelques extraits:
Dans «Le tour de Suisse des expositions
d'été», L'art c'est l'art se voit décerner quatre étoiles avec l'argumentaire
suivant:
Le MEN revisite avec des yeux d'anthropologue (et d'humoriste) les lieux culturels, de
l'atelier à la galerie. Brillant. Mais exigent aussi. A quoi ressemble au fait la
manifestation signée Hainard sans Hainard comme guide ?
Etienne Dumont, Tribune de Genève, 25 juin 1999
Les
grands déconstructeurs d'idées et d'images toutes faites de la colline Saint-Nicolas ont
encore frappé. Après la femme, la nature ou la musique, voilà qu'ils ont mis l'art en
boîte: de grandes boîtes grises toutes pareilles, mais toutes habillées et habitées
différemment à l'intérieur. Histoire de répertorier les différents lieux qui donnent
à l'art statut et légitimité.
[...]
Les blasés qui prétendaient qu'Hainard se répète et se paraphrase seront déçus: son
dix-neuvième opus ne ressemble à aucun autre. Et s'il finit par se révéler aussi
caustique que les précédents, c'est (presque) par son seul hyperréalisme, puisque
chacune de ses «boîtes» ne fait rien d'autre que mimer scrupuleusement les lieux
homologués de l'art. Bien sûr, l'équipe du MEN reste elle-même: dans chaque boîte
elle a placé une image ou un objet en guise de commentaire muet. A découvrir comme
autant de clins d'il malicieux.
Françoise Jeaunin, 24 Heures, 25 juin 1999
Das
Heilige und der Supermarkt, das Warenhaus oder die Shopping Mall (das wahre Museum von
heute, könnte man fast meinen), Kitsch und Kunst, Artefakt und Natur, der Abfall und das
hochpreislich versteigerte Kunstwerk, das ursprüngliche Authentische und die anonyme
Massenware alles einerlei, alles austauschbar, alles beliebig. Nur ja nicht
Stellung nehmen, das war die Leitidee von Marc-Olivier Gonseth, Jacques Hainard und Roland
Kaehr, die zusammen mit Rémy Zaugg die Ausstellung konzipiert haben. Es gibt nirgends
einen Ausgangspunkt, eine Schlussfolgerung, einen bestimmten Parcours durch die
Ausstellung. Jeder Schritt ist eine Entdeckung, Erschütterung und Erfahrung.
[...]
Die Ausstellung besteht aus verschiedenen Kojen, in denen die Kunst unter verschiedenen
Bedingungen betrachtet und ihrer Selbst verständlichkeit beraubt wird. Denn Kunst
ist an drei Voraussetzungen gebunden: Sie ist erstens das Ergebnis einer bestimmten Konvention
innerhalb einer bestimmten Gesellschaft, die sich darauf einigt, Monet schön, Beuys
künstlerisch bedeutend und das äsende Reh am Waldrand unmöglich zu finden: sie ist
zweitens eine materielle Manifestation; und sie ist drittens an einen Ort gebunden,
denn je nach Örtlichkeit nimmt sie eine andere Bedeutung an. Unter diesen Bedingungen
kann alles mit allem konfrontiert werden und können sich neue Beziehungen ergeben. Mit
diesen drei Parametern arrangieren Gonseth, Hainard und Kaehr immer neue Konstellationen.
Das ist das Prinzip, das sie anwenden und in allen Spielvarianten durchexerzieren. Es ist
das gleiche Prinzip, das sie schon in der Vergangenheit mit Erfolg angewendet haben und
mit dem gleichen intellektuellen Sarkasmus, der so erfrischend ist, auch wenn man nicht
darum herumkommt, eine gewisse Repetition festzustellen. Trotzdem könnte man schon fast
von der Neuenburger Methode sprechen.
Aurel Schmidt, Basler Magazin, 3 juillet 1999
Jacques
Hainard et son équipe n'ont peur de rien. Après la musique et les images, les voilà qui
jettent leur dévolu sur l'art, achevant ainsi leur tryptique «sur les systèmes de
représentations». Ceux qui espèrent y voir un peu plus clair dans le rapport
d'amour/haine qui entoure la création actuelle seront déçus. En dépit de son titre
gentiment racoleur, l'exposition «L'art c'est l'art» ne fait qu'épaissir la confusion
et renforcer les clichés. Elle se garde bien, en tout cas, d'entrouvrir le débat et se
situe paisiblement dans la ligne aujourd'hui en vogue qui résume l'art à un simple jeu
de pouvoirs et de société. Du principal intéressé, on ne vous dit en outre rien qu'on
ne sache déjà: il est aussi multiple que ses acteurs, il embrasse aussi bien les
chefs-d'uvre du Louvre que les paysages des peintres du dimanche et il est
indissociable des lieux où il se fait, se discute, se montre, se légitime et se vend.
Mireille Descombes, L'Hebdo (Lausanne), 22 juillet 1999
Che la
mostra di quest'anno aperta da giugno fino a febbraio 2000, si occupi, nel consueto modo
anticonformista, di arte, lo intuisco dal ritratto di «Lenin con bambini», dipinto
a olio degli anni '50 in stile «realismo sovietico» di 1 metro per 1,5 che un distinto,
signore sfoggia uscendo dal Museo di Etnografia di Neuchâtel. Che sia un ladro? Non è
possibile. E allora? «L'art c'est l'art» troneggia su un manifesto post-moderno.
Il trionfo della tautologia. Il titolo puà, potrebbe, esaurire l'argomento. L'arte è
arte, punto e fine del discorso. E invece no, anzi. Per gli organizzatori della mostra,
guidati dal conservatore del museo Jacques Hainard, è un punto di partenza per aprire un
ampio dibattito sul significato dell'arte nella nostra società. E cosa dovrebbe fare un
museo di etnografia se non proporre ai suoi visitatori riflessioni sulla nostra società e
su quelle altre dalla nostra? L'arte dunque come filo conduttore per andare alla ricerca
di noi stessi in quanto uomini dalla fine del XX secolo.
[...]
Non mancano anche riferimenti alle mode culturali: prendiamo le gallerie di punta,
numerose in Rue Louis Weiss a Parigi, quelle che lanciano giovani artisti e generi
d'avanguardia come fossero puledri da piazzare in una corsa all'ippodromo. E accanto la
galleria classica, i creatori di arte popolare (Brienz con i suoi orsi in legno), il
Musée d'art et d'histoire, tipica istituzione svizzera che abbina Parte alla storia, i
pittori dilettanti riuniti in associazioni ai quali il Museo di Etnografia offre
un'insperata vetrina internazionale. Insomma: un viaggio nella nostra società pieno di
rimandi, dal momento che ogni tema suscitato trova un "pendant" in quelle
culture diverse dalla nostra, delle quali si nutre l'etnografia classica.
Ultima sorpresa: la «brocante» all'uscita del museo. Si rinnova continuamente. Li si
possono davvero comperare oggetti d'arte e di interesse etnografico. Ma allora è li che
il nostro visitatore aveva acquistato il suo «Lenin con hambini» ?
Sans signature, La Regione di Locarno (Bellinzona), 28 et 29 juillet 1999
Un soin
particulier est dévolu à la mise en espace, de sorte que le plaisir des yeux est flatté
du début à la fin. La leçon de choses passe mieux, et l'on avale des parcelles de
miroir sans sourciller. Car ces lieux, d'une manière ou d'une autre, nous les
reconnaissons, que ce soit l'atelier du peintre, le salon du collectionneur africain, la
galerie branchée, la brocante, la salle de ventes aux enchères, le Club des amis de la
peinture ou le musée domestique (boudoir d'un particulier)...
Parmi ces endroits, certains ne sont pas purement symboliques, ils existent réellement,
en ville de Neuchàtel, citons: le passage sous-voie, lieu public où les artistes
exposent, la galerie Numaga, le Musée d'art et d'histoire et ... le Musée
d'ethnographie. Ils sont évoqués par allusion certes, mais bien identifiables.
C'est aussi l'occasion d'apprécier un nombre important d'oeuvres authentiques, prêtées,
issues des fonds du MEN, voir créées pour la circonstance. Elles touchent toutes les
époques de l'art ou de l'ethnographie. Enfin et surtout, elles sont mises en scène
(direction et conception par Jacques Hainard et Marc-Olivier Gonseth) d'une manière
inédite, comme on ne les reverra plus jamais.
Marie-José Fournier, Tribune des Arts (Genève), 8 septembre 1999
Kunst ist
ein weites Feld, so sagt man. Ihre Orte hingegen sind häufig weiss gestrichen,
ausstaffiert mit wachsamem Personal und erstaunlich geräuscharm. Ihre ProduzentInnen sind
verschroben und inspiriert, ihre KonsumentInnen mit Vorliebe reich oder zumindest
RepräsentantInnen solventer Institutionen oder JournalistInnen. So muss sich wohl der
Kunstbetrieb denjenigen Leuten präsentieren, die an Vernissagen gerne behaupten, sie
verstünden nichts von moderner Kunst, und etwas lakonisch nachschieben, heute könne ja
jeder und alles Kunst machen und sein, solange der Markt wild und frei, wie der
halt so sei diese Produktionen in lukrative Geldanlagen verwandle.
Dagegen versuchen kritische Geister seit geraumer Zeit mit aufklärerischem Eifer die
nebulösen Verhältnisse im Kunstbetrieb aufzuhellen. Dieser hehren Aufgabe hat sich
einmal mehr das Musée d'Ethnographie in Neuenburg mit seiner Ausstellung «L'art c'est
l'art» angenommen. Bereits in den zwei vorangehenden Jahren hat diese Institution mit
«Derrière les images» und «Pom pom pom pom» Kunst nicht primär werkbezogen, sondern
ihrer Bezeichnung Rechnung tragend aus einer ethnografischen Perspektive untersucht. Kunst
entsteht innerbalb sozialer Konventionen, lautet die These des ausschliesslich thematisch
arbeitenden Museums. Dies sind die zwei Voraussetzungen, die in der schweizerischen
Museumslandschaft noch drei weiteren Institutionen als Arbeitsgrundlage dienen: der
Shedhalle und dem Museum für Gestaltung in Zürich und neuerdings auch dem Museum für
Kommunikation in Bern.
Rachel Mader, Die Wochenzeitung (Zürich), 9 septembre 1999
D'une
boîte à l'autre, on passe de l'amoncellement des greniers ou des brocantes à
l'ascétisme du dojo, à la recherche de ses propres repères, dans l'attente de retrouver
ses émotions familières. La piste est brouillée à dessein. Probablement faut-il
s'égarer pour mieux se retrouver. Cette curieuse mise en boîte offre un terrain de
réflexion infini et s'approche d'assez près finalement des expérimentations d'un centre
d'art, tout en respectant un mandat différent.
Laurence Carducci, Accrochages (Lausanne) 10, septembre 1999
La
posture de l'ethnographe est celle de l'observateur, qui se défend bien de trancher sur
la qualification de l'art, mais qui constate que l'art n'existe que par les lieux où il
s'inscrit. C'est donc en recréant dans l'enceinte du Musée 17 «boîtes» de 16 mètres
carrés, que Jacques Hainard et ses collaborateurs offrent des métaphores de lieux d'art.
On a arraché les tapis (sauf dans la «boîte» que s'est réservé le Musée
d'ethnographie) et peint les murs en gris. Contrairement à l'habitude, le parcours est
parfaitement aléatoire pour le visiteur faisant le parcours muni de fiches non reliées.
Un détail encore: ces feuilles affichent en bleu un commentaire classique du lieu et au
verso orange s'autorise une distance critique.
Mireille Callu, Accrochages (Lausanne) 13, décembre 1999
D'altro
canto la mostra evidenzia il circuito topografico che inserisce ogni specifica proposta
artistica in un determinato spazio espositivo. Dopo la distruzione del culto dell'opera
d'arte da parte del movimento Dada, il prodotto artistico, ormai emancipato dalla
dipendenza dal museo, invade svariati luoghi a loro volta tuttora integrati al sistema
dell'arte, al punto che le esposizioni extra-museali costituiscono oggi un genere a sé
stante. Nell'orizzonte artistico attuale, infatti trovano posto numerosi spazi espositivi
che eludono il più immediatamente prevedibile ambito museale: luoghi con caratteristiche
ben precise, la cui messa in scena risponde a codici chiaramente identificabili e nei
quali si muovono attori capaci di comprendere le sfumature del linguaggio e le regole del
sistema di cui fanno parte.
Con cura estrema e intelligenza, l'originale mostra proposta dal MEN presenta le
differenti scenografie che fanno da sfondo alle innumerevoli concezioni di arte e le
inserisce in un labirinto costituito da capsule disposte senza un ordine preciso in ognuna
delle quali viene isolata una situazione espositiva con le proprie peculiarità. Oltre
naturalmente a vari esempi di museografia, sono stati ricostruiti gli ambienti di gallerie
dagli orientamenti di diverso tipo, come pure quelli dei più recenti centri d'arte e del
club dei dilettanti, ma anche l'atelier dell'artista, il punto franco, la casa d'aste, la
bottega dell'antiquariato e, rendendo manifesto il lato voyeuristico di ogni visitatore,
non son stati tralasciati neppure i musei domestici dei collezionisti privati. Passando
attraverso il filtre, etnologico, gli oggetti artistici presentati in questa mostra, pur
vedendo accentuato il loro legame, spesso la loro dipendenza, dallo spazio attraverso il
quale si stabilisce il contatto con la società, si trovano decontestualizzati e
riproposti su un piano diverso. Assumendo questo altro punto di vista si delinea il
carattere indefinito e indefinibile dell'arte, viene evidenziata l'impossibilità di darle
dei confini, di ridurla dentre, schemi e giudizi definitivi. Capace di assumere
altrettante sfumature quanti sono gli sguardi che su di essa si posano per interrogarla
dalle più disparate prospettive, trova una legittimazione di se stessa, un senso,
unicamente dall'interazione con il pubblico. Fuggendo dalle categorie, ma affidando la
propria sopravvivenza alla comunicazione essa si fa strumento di dialogo, invito
all'apertura, grido di libertà.
Tessa Rosa, Azione, 2 février 2000
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