Das Museum zu Hause

  

Diese Rekonstruktion eines kulturellen Erbes umfasst Möbel aus Flohmärkten und Trödelläden, die ich nach meinem Geschmack «neu zusammengesetzt» und manchmal für unerwartete Verwendungen bestimmt habe (die Vitrine einer Apotheke wird zur Ausstellungsvitrine). Auch wenn es nicht so aussieht, habe ich lange gebraucht, bis ich die Ständerlampe gefunden habe – aus Gründen der ästhetischen Konzeption (Harmonie der Farben). Die Bilder verraten meine tiefsten Neigungen (Poesie, Surrealismus, meine Leidenschaft für die Rhone usw.). Das Familienleben, wie es am Anfang war, und das was die Kinder, einmal erwachsen, ausdrücken (die Bilder von A., der Tisch von C., die Gegenstände und Geschenke von Ph. und B.), gehören für mich zu einem Ganzen, das sie beleben und attraktiv machen.

Le musée domestique

  

Auch die Enkel beginnen, ihre Spuren zu hinterlassen (aber ihre Zeichnungen hängen in meiner Küche). Abschliessend will ich noch sagen, dass man in dieser Ansammlung von Erinnerungsstücken Spuren von menschlichen und anderen, über meine Person bestimmt sehr aussagekräftigen Leidenschaften finden wird: Die Sammlung der «Ravis» (eine der provenzalischen Krippenfiguren, mein Liebling), mein Rost, der sich über dreissig Jahre hinweg angesammelt hat (wesentlich, mein lieber JLP). Und ein Skelett (Anspielung auf Prévert).
  

Mes parents étaient des Tessinois émigrés. Ils sont venus habiter avec ma grande sœur et mon grand frère à Peseux, près de Neuchâtel, où je suis né. Ecoles jusqu’au secondaire, apprentissage en dessin technique. (J’allais oublier l’enfant de chœur et le jeune militant qui voulait changer le monde). Service militaire en événement décisif: une grave maladie me paralyse. Il me faut six ans jusqu’au retour à une vie normale. Après le bilan des dégâts corporels, poursuite d’études universitaires jusqu’à la licence…
Une nouvelle vie commença alors, même si vu de l’extérieur il n’en (trans)paraissait que très peu. Je me suis souvent demandé ce que je serais devenu sans la maladie et ses séquelles. Bref, avec elles, j’ai tenté d’assumer au mieux: l’amour (dont je ne savais rien), les enfants, la vie familiale, la profession de journaliste, d’abord à la Radio Suisse romande, ensuite dans deux universités. Puis retour au pays et nouveau départ puisque tout a changé à nouveau dans ma vie familiale et privée: l’écriture et l’édition ont réveillé d’autres facultés, titillé d’autres potentialités. Tout s’est renouvelé en moi. Les complexités et les complicités de l’existence me sont devenues comme essentielles. Les acquis ont fécondé ma mémoire et lui ont donné des ailes…

Jean-Louis Peverelli. 31 mai 1999. Genève.

  

  

  

Das Museum zu Hause

    

Die häusliche Intimität ist das Theater einer ausgeklügelten Inszenierung der ästhetischen Entscheidungen und Orientierungen jener, die sich darin eingerichtet haben. Wahl und Anordnung der Materialien, Farben und Formen, der Gebrauchsgegenstände, der gemalten, gravierten, modellierten oder makramierten Kunstwerke weisen auf die subtilen Bande hin, die die Besitzer – oft Sammler und manchmal ohne es zu Wissen – zwischen ihrer Selbsteinschätzung, ihrer Geschichte und ihrem Lebensraum knüpfen.
Begriffe wie guter oder schlechter Geschmack haben in diesem Rahmen überhaupt keine beschreibende oder analytische Stichhaltigkeit. Denn wenn tatsächlich, wie Duchamp es glaubte, der Betrachter das Bild ausmacht, stellt auch jener, der den von einem andern bewohnten Raum durchquert, diesen Raum in seinem Kopf wieder her, mit Prägungen, die manchmal diametral entgegengesetzt sind.
Der Empfang von Besuchern kommt somit einer Übung gleich, in der man sich und den andern in Perspektive setzt – eine ganz und gar nicht harmlose Übung, die gerade deshalb unter oft komplizierten, wenn auch meistens als natürlich empfundenen Formen abläuft.

  

  

   Le musée domestique

  

A bien y réfléchir, après coup, donc après être entré «dans le jeu» de l’annonce publiée par le MEN, trois choses devaient se trouver dans mon conscient inconscient: d’abord la petite phrase-clé de l’annonce justement («un élément d’espace privé… présentant une vision intimiste des conceptions esthétiques de son auteur») — je me permets de mettre en relief les mots qui ont pesé sur ma décision ! Ensuite, le souvenir vivace d’expositions remarquables vues au Musée d’ethnographie de Neuchâtel m’est revenu (petit détail qui aura son importance: en sortant de l’une d’elles, j’avais chipé dans un container un déchet de matériel restant !). M’est revenu aussi le fait que mon intérêt d’alors était celui d’un voyeur portant son regard sur ce qui avait été réuni et n’appartenait qu’aux autres ! Enfin, plus difficile à exprimer, la troisième raison: elle concerne mes racines d’adolescent, poussées dans cette région de la Côte neuchâteloise. Mes fréquents allers et retours Peseux-Neuchâtel me faisaient passer devant ce musée.

Jean-Louis Peverelli. 31 mai 1999. Genève.

  

  

> Annonce.
16 m2 d’appartement. L’Express, 11 mai 1999, p. 14.

  

  

  

Mise à jour le 28.11.2003   [Webmaster]