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1904 et les rêves fous de Charles Knapp

En investissant en 1904 la colline de St-Nicolas, le Musée ethnographique conquiert son indépendance et affiche ses ambitions. Le conservateur nouvellement promu, Charles Knapp, ne craint pas de rivaliser avec Berlin. Il se lance dans une politique d’acquisitions tous azimuts, sollicitant les expatriés et s’endettant pour remplir les vitrines. Il va jusqu’à rêver d’«édifier des huttes» dans le jardin et d’y «faire camper des troupes d’indigènes» comme de lancer un enseignement pratique. La guerre mettra un terme à nombre de projets.

Nous ouvrons, aujourd’hui, dit [Knapp], le quatrième des Musées de Neuchâtel et le seul musée ethnographique en Suisse qui ait un édifice en propre et son autonomie. Au lieu de la salle unique qu’il occupait naguère au Musée historique, c’est huit salles qu’il remplit ici ; déjà même, il faut songer à en aménager une ou deux autres. […] maintenant que le Musée ethnographique est sorti de ses langes, il doit servir à l’instruction de tous et à la science.
Feuille d’avis de Neuchâtel, 15 juillet 1904

Lorsque l’on monte dans le parc de la villa de Saint-Nicolas, entre les corbeilles de fleurs et les pelouses d’un vert éclatant ; lorsque l’on arrive à la porte enguirlandée de vigne vierge du Musée, et que l’on entre dans ces salles où la lumière pénètre à flots, on comprend le sentiment de juste fierté que doit éprouver M. Ch. Knapp devant cette belle œuvre scientifique qui est son œuvre.
La Liberté (Fribourg), 26 octobre 1904