La suite conjugue deux mouvements presque opposés. Savant dans des domaines aussi variés que la zoologie, l’ethnographie, le folklore et l’archéo-logie, artiste et muséographe, le successeur de Charles Knapp, Théodore Delachaux, nommé le 13 octobre 1921, se préoccupe d’abord d'enregistrer les collections afin de les mettre en valeur. Il crée de nouvelles salles et présentations thématiques, complète les fonds par une mission sur le terrain en Angola et organise quelques expositions temporaires. Théodore Delachaux a une idée bien arrêtée sur le rôle du musée dans la société et sur la muséographie naissante:
Le Musée, tel qu'il fut organisé il y a cent ans, devait paraître à ses fondateurs une entreprise définitive. A distance, nous voyons qu'un musée, si objectif qu'il puisse paraître dans son établissement, n'échappe pas à la relativité des choses humaines et l'on pourrait dès maintenant faire le musée des musées !
La constatation importante pour nous est donc qu'un musée, loin d'être une chose morte, est un organisme qui doit vivre et s'adapter sans cesse au présent. […]
Il est donc nécessaire de prévoir un rajeunissement du matériel d'exposition, un aménagement plus rationnel des salles en tenant compte de leur éclairage; de prévoir au besoin un éclairage artificiel. Il faut éviter la monotonie de vitrines toutes semblables […], il faut faire un choix sévère parmi les objets que possède le Musée et mettre ce petit nombre judicieusement trié en valeur et cela quel que soit le point de vue auquel on se place : exposition par peuple ou exposition comparée d'un sujet restreint.
Rapport du Musée pour l’exercice 1934