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Pouvoir, idéologie et consommation

Les grands systèmes de pensée qui organisent ou bousculent la vie en société sont des thèmes récurrents des expositions du MEN. Au moins deux d'entre elles leur ont été entièrement consacrées: Marx 2000 (1994), qui suggérait l'idée simple que rien aujourd'hui n'échappe plus au marché, et La grande illusion (2000-2001), qui disait la violence implacable des idéologies à travers la mise en scène d'un poème de Rimbaud.
   

Conservation, mémoire et oubli

Les thèmes de la conservation, de la mémoire et de l’oubli sont au cœur de toute activité muséale et apparaissent comme des fils conducteurs dans toutes les expositions du MEN. Ces obsessions furent centrales dans deux mises en scène particulières: Temps perdu, temps retrouvé (1985), qui s'interrogeait sur la vocation des musées, et Les ancêtres sont parmi nous (1988), qui démontrait que les «morts qui ont réussi» régissent toujours un nombre considérable de nos actes.
  

Pratiques artistiques, légitimation et décret

A un degré ou un autre, l’art hante chaque exercice de mise en scène. Pris comme objet, il fut aussi l’occasion d’un triptyque au MEN: Pom pom pom pom (1997), Derrière les images (1998) et L’art c’est l’art (1999). Trois expositions qui, de la musique au cinéma en passant par les arts plastiques et les performances, cherchaient à mesurer l’implication sociale des pratiques artistiques en posant sur elles un point de vue anthropologique.
   

La construction des catégories sociales et culturelles

La construction des catégories sociales et culturelles, qui apparaît de manière transversale dans de nombreuses expositions, a été plus particulièrement développée dans Des animaux et des hommes (1987), qui posait la question de la distance et des frontières entre ces deux espèces, et dans Les femmes (1992), qui interrogeait les stéréotypes et glissements associés aux catégories de genre ainsi que la figure de l'androgyne.
  

L'imaginaire et la représentation de la réalité

La représentation de la réalité à travers un médium particulier, en l'occurrence l'exposition, et l'importance des grilles ou des lunettes à travers lesquelles nous interprétons le monde font partie des préoccupations principales de la muséologie développée au MEN depuis les années 1980, notamment à travers Objets prétextes, objets manipulés (1984), Le trou (1990) et Derrière les images (1998).
   

L'altérité et la prédation

Les musées d'ethnographie ne peuvent être dissociés du processus de spoliation qui a vu une partie du monde entasser dans des réserves ce qu'une autre partie produisait. Vu sous cet angle, nous sommes tous des cannibales instaurant à des degrés divers des relations avec autrui à la fois sous l'angle de la communion et de la prédation. C'est du moins la thèse que tenait le MEN dans l'exposition intitulée Le musée cannibale (2002), qui a inspiré la Nuit du festival.
   

Kinobalisme !

Durant le festival ciMENa, à l'instigation du groupe Kino Lausanne et de l'Institut d'ethnologie, des réalisateurs et des comédiens tenteront l'incroyable pari de réaliser en quatre jours des films sur le thème du cannibalisme.