Dans les salons-cocons aménagés autour de l’impression que «la vie est un long fleuve tranquille» s’accumulent les traces du passé sans histoire que le sens commun attribue aux gens heureux. Une photographie de jeunesse, des souvenirs de voyage, les signes d’une passion cachée ou avouée pour une personnalité célèbre, les livres-mémoires racontant d’autres temps et d’autres lieux, les bibelots amassés lors des temps forts qui balisent l’existence, toutes ces traces confondues dans un même espace de vie évoquent l’idée à la fois naïve et sécurisante que le malheur, «ça n’arrive qu’aux autres».
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