Malgré l’épaisseur des portes et le confort domestique, la peur rôde dans la campagne helvétique. Pas tellement dans les rues habituellement calmes des villages endormis mais de manière insistante et répétitive sur les pages des journaux et sur les écrans de télévision qui transmettent récits et images d’un ailleurs problématique. De ces lieux généralement urbains proviennent des récits de rixes, de violences gratuites, d’échecs professionnels, de trafics illégaux, de relâchement des mœurs et de dissolution des valeurs collectives. Ces tristes exploits sont généralement l’œuvre de personnes jeunes, encouragées dans leurs excès par une émulation de bande et par une absence complète de repères, au point qu’elles apparaissent non seulement incontrôlables mais également irrécupérables.