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Gabon

Si le Musée possède un fonds important de plus de 1'400 objets, il le doit au hasard de la propagation religieuse au Gabon. Découverte par les Portugais à la fin du XVe siècle, la région mangée de forêts qui porte encore le nom de Congo français avant d'être appelée Gabon est restée très longtemps mystérieuse, mal connue et très incomplètement explorée. Avant la fin du XIXe siècle, il n'y avait, dans le bassin de l'Ogooué, longtemps resté fermé aux Européens, que deux centaines de Blancs, dont un quart de missionnaires.

D’un côté les catholiques, des Pères du Saint-Esprit, dont le RP Henri H. Trille qui vendra au musée son célèbre Biéri fang; de l’autre des protestants, succédant à des baptistes, des presbytériens américains, dont le succès grandissant est jalousé par les premiers. Une petite guerre de religion s'en suit et les Américains se voient obligés par l'administration d'enseigner en français. Ils se tournent alors vers les responsables du boulevard Arago à Paris qui, faute de personnes immédiatement disponibles, s'adressent à l'Ecole missionnaire de Peseux, au-dessus de Neuchâtel.

Plusieurs candidats neuchâtelois s'embarquent donc pour le Gabon. Le premier à partir - en 1888 - est l'artisan missionnaire Virgile Gacon, originaire de Boudry. Il fournira le Musée comme beaucoup d’autres missionnaires et on peut citer parmi eux: l'alsacien Fernand Grébert, qui s’est embarqué la première fois en 1912; Ernest Haug, un autre alsacien qui œuvre à la scierie industrielle de Ngômô; l'artisan missionnaire Louis Pelot et sa femme, de Chardonne-sur-Vevey et peut-être Maurice Robert (fils du peintre neuchâtelois Paul Robert). En 1937, le Dr Albert Schweitzer, médecin-missionnaire à Lambaréné, donne au MEN trois masques du bassin de l'Ogooué. Ce don est complété par celui des héritiers du Dr Markus Lauterbourg-Bonjour ancien collaborateur du Dr. Schweitzer.

En 1932, l'alsacien Fernand Grébert doit renoncer à son activité, tout en continuant à s'intéresser au Gabon et à écrire. De 1912 à 1932, il a vendu en plusieurs fois des collections aux musées d’ethnographie de Genève et de Neuchâtel. De l'imposant corpus qu'il a réuni, il tire la matière d'une Monographie ethnographique des tribus fang qui existe en six exemplaires originaux constitués de 36 planches reproduisant 719 «documents recueillis de 1913 à 1931» et dessinés aux crayons de couleurs (en 1941, en ce qui concerne celui de Neuchâtel), accompagnées de légendes dactylographiées. Le solde de ses collections a été donné plus tard au Musée par son fils.

En 1933, le Dr Paul Thillot fera don d'un ensemble non négligeable de la région de Franceville qui sera complété par une de ses descendantes. Ces ensembles, bien documentés pour la plupart, font du musée d’ethnographie de Neuchâtel une institution d’importance pour l’étude de la culture matérielle des fang.

Tête de reliquaire éyèma ô byéri, Fang, Gabon. H.: 48 cm. MEN III.C.7400.
Statue
Grand masque à quatre faces ngon tang, Fang, Gabon. H.: 50 cm. MEN III.C.6968.
Grand masque