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La villa de Pury

Construite sur deux niveaux avec combles à la Mansart, la villa léguée par James-Ferdinand de Pury dans laquelle le MEN s'installa en 1904 est implantée sur la Crête «à l’emplacement du Sommerhaus», dans un parc à l’anglaise.

Pour Léo Châtelain «la maison individuelle revêt une importance considérable dans la mesure où son expression formelle reflète directement le statut social du propriétaire. A ce titre-là, l’architecture domestique est un langage particulièrement éloquent.»

Bloc classique rappelant un château français, le bâtiment traduit par sa volumétrie compacte et par sa grammaire, l’idée de l’impact architectural (seules les vérandas – ouvertes ou fermées – adoucissent le volume et amorcent une liaison – certes monumentale – avec le site enculturé qu’est le parc). Mixité des matériaux mis en œuvre: pierre calcaire blanche (socle), molasse et pierre jaune.

Sur l’enveloppe externe, seuls les éléments en pierre de taille - qui forment le décor - se distinguent du nu du mur: ce sont les chaînes d’angle harpées, les encadrements cintrés des portes et des fenêtres, le bandeau et la corniche. Différant par leur texture du fond de mur sur lequel ils se détachent, ils ont – en plus de leur fonction architectonique – valeur expressive de langage. Ils scandent et ponctuent rigoureusement l’architecture: les chaînes et corniches donnent ses limites au bâtiment, les bandeaux soulignent le volume intérieur, les encadrements signifient – et peut-être compensent – le vide de l’ouverture.

La villa de Pury construite en 1870-1871 par l’architecte Léo Châtelain a été entièrement rénovée (2016 à 2017) par l'Atelier d'architecture Manini & Pietrini (Neuchâtel) afin de permettre un réaménagement et une mise en conformité du bâtiment.

Dans son exploitation avant rénovation, la villa était subdivisée en trois parties : la première, transformée par Jean Gabus entre 1950 et 1960 en «musée statique», était destinée à l’exposition d’un échantillon représentatif des collections; depuis elle n’avait été ni modifiée, ni restaurée; la deuxième accueillait les bureaux du personnel du MEN; la troisième (les combles) servait de réserve d’objets.

En raison de graves problèmes constatés à cet endroit (écarts de température, infiltrations, infestations d'insectes, etc.), les collections stockées dans les combles (plus de 15'000 pièces) ont été déplacées dans un dépôt externe. Entamé en 1996 et devenu prioritaire dès 2007, ce travail impliquant un inventaire détaillé a été fortement accéléré depuis janvier 2013 et s’est achevé en avril 2015.

La fin du déménagement a permis que soit lancée la première phase du chantier de restauration des locaux du MEN qui s'est concentré sur la restauration de la villa.

Il s’est agit d’une mise en conformité par rapport à la sécurité (élargissement de l’escalier de service – voie de fuite), à la consommation d’énergie (isolation nécessaire de la toiture), à la conservation du matériel ethnographique (nouveau concept de ventilation s’appuyant sur l’étonnant chauffage hypocauste à air pulsé de l’époque) et de la restauration des façades en pierre et des fenêtres d’origine.

Les espaces ont été réorganisés en concentrant l’administration du Musée dans les combles. Ce niveau (ancien univers des femmes de chambre), est devenu une surface de bureaux libérée de ses cloisons et profitant de la lumière naturelle distribuée par le vitrage créé autour de l’espace central (patio semi-extérieur) sous l’ancienne verrière. Un stratagème permet de garder les petites ouvertures d’origine sur le toit tout en assurant un éclairage naturel suffisant au confort des collaborateurs du Musée. Ainsi libérés de leur fonction administrative, les deux étages nobles de la bâtisse sont maintenant dédiés aux expositions et à l’accueil.

L'inauguration du bâtiment entièrement rénové aura lieu le samedi 25 novembre 2017.

Villa de Pury