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Conservateur: Marc-Olivier Gonseth

J'ai déjà vu cette tête-la quelque part !

19 avril 1953
Grattes-de-Vent 8
2019 Rochefort 

Conservateur du Musée d'ethno-graphie de Neuchâtel (MEN)
Musée d'ethnographie
Rue Saint-Nicolas 4,
2000 Neuchâtel
Tél. (032) 718 1960
Fax (032) 718 1969
E-mail: marcol.gonseth@ne.ch


Formation
Licence ès lettres (ethnologie, linguis-tique, français moderne).

Langues parlées
Français, allemand, anglais.

Aires géographiques
Europe, Asie du Sud-Est.

Recherches sur le terrain
Sud de la France, Pays-d'Enhaut, Jura suisse, canton de Neuchâtel; Philippines, La Réunion.

Domaines théoriques et thématiques
Anthropologie urbaine, ethnographie de la communication, expographie, muséographie, muséologie, sociolinguistique; acculturation, alimentation, image, maladie, marginalités, psychotropes, pratiques rituelles; art contemporain, bande dessinée, cinéma, littérature, musique, théâtre.

Publications les plus récentes et/ou les plus représentatives
2011a. «Le jeu du tandem: relation expographe/scénographe au Musée d’ethnographie de Neuchâtel», in: Michel Côté (dir.), La fabrique du musée de sciences et sociétés, p. 119-145. Paris: La documentation française.
2011b. «Scénographier l'immatériel», in: GONSETH Marc-Olivier, Bernard KNODEL, Yann LAVILLE et Grégoire MAYOR (éds), Bruits: échos du patrimoine culturel immatériel. Neuchâtel: Musée d’ethnographie [avec Yann LAVILLE et Grégoire MAYOR]
2011c. What are you doing after the apocalypse? Neuchâtel: Musée d’ethnographie. 64 p. [Texpo 16, avec Bernard KNODEL, Yann LAVILLE et Grégoire MAYOR]
2010a. «Retour sur Retour d'Angola», in:  GONSETH Marc-Olivier, Bernard KNODEL et Serge REUBI (éds), Retour d’Angola. Neuchâtel: Musée d'ethnographie. 344 p. [avec Bernard KNODEL]
2010b. Helvetia Park. Neuchâtel: Musée d'ethnographie. 376 p. [avec Yann LAVILLE et Grégoire MAYOR]
2010c. «Le patrimoine culturel immatériel comme facteur de transformations: une nouvelle rencontre entre sciences sociales et musées de société». Museums.ch (Berne) 5, p. 13-17. [avec Ellen HERTZ]
2008a. «La rhétorique expographique au Musée d'ethnographie de Neuchâtel». Ethnologie française (Paris) 38: 685-691.
2008b. «Médiations spatiales par la scénographie: l’exemple de Retour d’Angola». Museums (Berne) 3: 32-35.
2008c. «Construire la référence». Les cahiers du Musée des Confluences (Lyon) 1: 51-64.
2008d.  «Sur les traces de la marque jeune», in: GoLM (éds.), La marque jeune. Neuchâtel: Musée d’ethnographie, pp. 10-14. [avec Yann Laville et Grégoire Mayor]
2007a. «Construire l’artifice», in: GoLM (éds.), Figures de l’artifice, p. 10-40. Neuchâtel: Musée d'ethnographie. 244 p. [avec Yann Laville et Grégoire Mayor]
2007b. «Le dépôt, la vitrine et l'espace social», in: Mariaux Pierre Alain, Les lieux de la muséologie, p. 5-48. Bern: Peter Lang.
2005a. «Un atelier expographique», in: GHK (dir.), Cent ans d'ethnographie sur la colline de Saint-Nicolas 1904-2004, pp. 375-394. Neuchâtel: Musée d'ethnographie.
2005b. «Les expositions du MEN (1981 à 2004)», in: GHK (dir.), Cent ans d'ethnographie sur la colline de Saint-Nicolas 1904-2004, pp. 396-529. Neuchâtel: Musée d'ethnographie.
2002. «Le désir de musée».  Ethnologie française (Paris) XXXII/2: 321-333. [avec Viviane Müller et Nicolas Yazgi]

a) A quel(s) courant(s) ethnologique(s) vous rattachez-vous et quelles sont vos affinités intellectuelles ?
En sociologie, j'ai été particulièrement interpellé par l'interactionnisme symbolique, école qui rend compte de l'aspect perpétuellement instable et négocié des rapports sociaux, et par les travaux de Pierre Bourdieu, qui mettent en évidence l'aspect construit des légitimités sociales, économiques et culturelles.
En ethnologie, j'ai été surtout marqué par le structuralisme, ne serait-ce que pour l'importance que ce courant accorde aux mises en relation et aux modélisations, et par l'anthropologie cognitive, du fait d'un intérêt particulier pour l'analyse des classifications populaires et des représentations. D'un point de vue plus pragmatique, je crois à la pertinence des approches émiques, et donc à l'analyse des récits qu'une population tient sur elle-même, j'apprécie qu'un chercheur tienne compte de sa présence sur les lieux de son enquête et je prête à l'observation participante une qualité essentielle: elle situe l'anthropologie dans un cadre interprétatif qui la libère a priori de toute prétention à la scientificité.

b) En dehors de l'observation participante, quels outils méthodologiques et théoriques utilisez-vous dans vos recherches ?
Je tente de respecter quelques principes élémentaires faciles à perdre de vue lorsque l'on est plongé jusqu'au cou dans une situation d'enquête ou dans une préparation d'exposition: tenter de formuler clairement ce que l'on cherche; définir un cadre qui convienne au sujet choisi (axiomes, questions, hypothèses, concepts, procédures particuliers); faire le tour du domaine retenu sans pour autant se perdre dans la lecture; penser transversalement, paradoxalement, associativement; chercher un fil rouge, garder à l'esprit la totalité; modifier ou reformuler questions et hypothèses tant que les données restent inarticulables; considérer la phase de mise en forme finale comme un nouveau «terrain»; tenter de restituer une part de l'opacité propre à l'objet d'étude au moment de sa reconstruction.

c) Quelle serait la principale critique que vous formuleriez à la discipline aujourd'hui ?
Au-delà des débats à la mode concemant la rhétorique ethnographique, qui me semblent désigner un bon état de santé de la discipline plutôt qu'une crise de sa pratique et de sa présentation, je pense que le plus grand défaut des ethnologues provient du type de rapport qu'ils entretiennent avec la réalité contemporaine: embarras face aux sociétés complexes, difficulté à rendre compte du changement, malaise face aux situations de conflit et trop faible vitesse de réaction par rapport à l'actualité.

d) Quels seraient les trois ou quatre livres que vous donneriez en référence aux questions a), b) et c) ?
Bourdieu Pierre. 1982. Leçon sur la leçon. Paris: Minuit.
Clifford James. 1996 [1988]. Malaise dans la culture: l'ethnographie, la littérature et l'art au XXe siècle. Paris: Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts.
Dumont Jean-Paul. 1992. Visayan vignettes: ethnographic traces of a Philippine island. Chicago: University of Chicago press.
Hergé. 1946. L'oreille cassée. Tournai; Paris: Casterman
Hillermann Tony. 1989. Le voleur de temps. Paris: Rivages.
Latour Bruno. 1991. Nous n'avons jamais été modernes: essai d'anthropologie symétrique. Paris: La Découverte.

Extrait actualisé de Who's who de l'ethnologie suisse. 1995. Ethnologica Helvetica (Berne) N°19.
  

Parcours
Ethnologue de formation, Marc-Olivier Gonseth dirige le Musée d'ethnographie de Neuchâtel (MEN) depuis le 1er mars 2006. Avec la nouvelle équipe dont il s'est entouré après sa nomination, il a conçu et réalisé les expositions Figures de l'artifice, présentée dans le bâtiment des expositions temporaires du 11 novembre au 31 décembre 2006, Retour d’Angola, présentée dans la Villa de Pury du 6 décembre 2007 au 31 décembre 2012, La marque jeune, présentée dans le bâtiment des expositions temporaires du 28 juin 2008 au 17 mai 2009, puis à Liège au Musée de la vie wallonne du 4 mars au 15 août 2010, Helvetia Park, présentée dans le bâtiment des expositions temporaires du 5 septembre 2009 au 16 mai 2010, à Bellinzone du 16 octobre 2010 au 23 janvier 2011 et à Aarau du 31 mars au 31 juillet 2011, Bruits, présentée dans le bâtiment des expositions temporaires du 2 octobre 2010 au 15 septembre 2011 et What are you doing after the apocalypse?, présentée dans le bâtiment des expositions temporaires du 19 novembre 2011 au 24 juin 2012.

Il développe actuellement avec ses collaborateurs le deuxième volet d'un triptyque sur le thème du patrimoine culturel immatériel, dans le cadre d’un projet de recherche du FNRS (Midas Touch) mené en partenariat avec l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel et plusieurs autres instituts helvétiques.

Après une licence en lettres constituée de l'ethnologie, de la linguistique et du français moderne, Marc-Olivier Gonseth a travaillé comme assistant (1983-1987), puis comme chargé d'enseignement (1989-1991) à l'Institut d'ethnologie de l'Université de Neuchâtel (IE) et a mené des recherches en Suisse (Jura et Pays d'Enhaut), en France, aux Philippines et sur l'Ile de La Réunion.

Du fait des liens étroits qui existaient entre l'IE et le MEN, il s'initia parallèlement à l'ethnologie et à la conception d'expositions: Etre nomade aujourd'hui (1979), Objets prétextes, objets manipulés (1983), Des animaux et des hommes (1987), Le trou (1990). Fasciné par ce medium et par la qualité de la démarche développée à Neuchâtel, il opta définitivement pour cette voie en 1992, lorsque Jacques Hainard lui proposa la charge de conservateur adjoint.

Il a codirigé ensuite la conception et la réalisation des expositions Les femmes (1992), Si (1993),  Marx 2000 (1994), La différence (1995), Natures en tête (1996), Pom pom pom pom (1997), Derrière les images (1998), L'art c'est l'art (1999), La grande illusion (2000-2001), Le musée cannibale (2001-2002), X – spéculations sur l'imaginaire et l'interdit (2003) et Remise en boîtes (2005). Il s'est également occupé de l'itinérance de l'exposition Natures en tête à Saint-Gall, Dresden et Paris (1997-2000), de la refonte des espaces permanents du MEN (exposition Himalaya et exposition L'ethnographie en quatre étapes, 1999) et de la réinterprétation de Derrière les images au Musée d'Aquitaine de Bordeaux (2000) et de La grande illusion au Musée d'histoire de la Ville de Luxembourg (2003) et à Charleville-Mézières (2004). Il a par ailleurs assumé avec Jacques Hainard la mise en place et la direction des activités liées au Centenaire du Musée.

A l'extérieur du MEN, il a coréalisé l'exposition permanente du Musée de la Main à Lausanne (Jeux de mains, 1995-1997) avec Ninian Hubert van Blijenburgh, une exposition itinérante en collaboration avec l'Office fédéral de la statistique (Et si on refaisait les comptes, 2000) avec Jacques Hainard, et l'exposition permanente du Musée des moulins souterrains du Col-des-Roches (La grotte retrouvée, 2000-2001) avec Viviane Müller, Orlando Orlandini, Nicolas Yazgi et Jean-Pierre Zaugg.

Sur le plan de l’enseignement et de la recherche, sa formation en linguistique l’a amené à intervenir tout d’abord dans les domaines de l’interaction et de la communication, puis dans  ceux de la muséographie et de l’expographie.

Document  Document PDF 83.71Ko

15.01.2012