accueil | recherche | contact | plan de site |
Espace presse
Adresse et accès
Horaire et tarifs
Histoire et lieux
Le MEN en quelques lignes
Historique du Musée
Les lieux
Les collaborateurs
SAMEN (Amis du MEN)
Jeune public
La boutique
Le Café
La bibliothèque
Inscription newsletter
Charles Emile Thiébaud (1910-1995)

Charles Emile Thiébaud est né le 28 janvier 1910 à Neuchâtel. Il fait ses études au Gymnase cantonal, puis à la Faculté des sciences de l'Université de Neuchâtel. Issu d'un milieu modeste, selon la présentation de Jacques Ramseyer, il avoue avoir souvent su saisir sa chance.

Celle-ci se manifesta pour la première fois en 1932, quand, fraîchement licencié, il sera engagé comme collaborateur par Albert Monard pour une expédition scientifique en Angola. Sa tâche, comme chasseur, sera d'assurer le ravitaillement du groupe, lors de deux missions successives – la seconde bénéficiant de la participation de l'ethnologue Théodore Delachaux. Charles Emile Thiébaud prend de nombreuses photographies d'où naîtra l'ouvrage Pays et peuples d’Angola (Neuchâtel, 1934). Pour payer son voyage, il envoie des billets réguliers à la Feuille d’Avis de Neuchâtel.

La découverte de la brousse, des Bochimans, le rayonnement des missionnaires le marqueront profon-dément. Il participe activement à la collecte de matériel pour les musées neuchâtelois. Cette expédition aura été un point de départ idéal pour le géologue de terrain que souhaitait devenir Charles Emile Thiébaud.

Engagé à la Shell en juin 1937 après avoir soutenu sa thèse de doctorat sur l’Etude géologique de la région Travers, Creux-du-Van, Saint-Aubin (Neuchâtel, 1937), il s'initiera en quelques mois, à La Haye, à la méthode photo-géologique et au levé de cartes à l'aide d'une planchette. Puis, devenu chef du service d’exploration en Egypte, l'aventure débute, dans les collines de gypse du Sinaï. Les forages ne pourront être effectués dans la région qu'après la guerre. En 1943, la compagnie l'envoie du Caire vers une destination mystérieuse: il s’agira de dresser la carte stratigraphique d'une région située au centre de la Perse. La mission sera stoppée suite aux pressions de l’URSS sur les autorités de Téhéran.

De retour en Europe, Charles Emile Thiébaud se trouve à Paris à la fin du mois de juillet 1945. Il rentrera symboliquement en Suisse le 1er août grâce à un billet de train fourni par la Croix-Rouge. Après quelques mois de vacances, il repart pour Londres où il se marie. Mais, dès la fin de l'année 1946, la Shell le dépêche au Vénézuela. Après avoir dénoncé l'incompétence des responsables de la prospection pétrolière dans cette région, il demande à partir en mission ailleurs. C'est à Bornéo qu'il dirigera une équipe de géologues et de géophysiciens dans les conditions très difficiles de la jungle. Charles Emile Thiébaud aura la prescience des richesses pétrolifères de la mer côtière proche de Brunei et obtiendra, mais non sans peine, que la Shell s'engage dans cette voie. L'expérience acquise dans la vie relationnelle de la Compagnie lui permettait en effet de s'y faire écouter.

Les liens qu'il a tissés au sein de la direction de la Shell lui profitent aussi quand, après deux missions de trois ans à Bornéo, il souhaite retourner à Londres pour y élever ses enfants. Il deviendra par la suite chef d'exploration pour l'Irak, mandaté par le consortium de l'Irak Petroleum Company. Il renouvelle le personnel, modifie les structures techniques d'exploitation, fait ainsi baisser les coûts des forages. En 1958, quand le roi d'Irak est assassiné, Charles Emile Thiébaud se trouve sur place. Il apprendra la politique, en négociant avec le gouvernement révolutionnaire du pays, et cela constituera une des périodes les plus passionnantes de sa vie. Enfin, au cours de son long mandat à Londres, il découvrira beaucoup de pétrole, notamment à Abou Dhabi, alors que la plupart des chercheurs n'y croyaient plus. Il devra aussi, au sein de l'Irak Petroleum Company, gérer les intérêts parfois contradictoires des diverses entreprises membres du groupe. Familiarisé avec les méthodes américaines comme avec les habitudes françaises, il dirige un bureau d'une cinquantaine de personnes, parlant aussi bien le français que l'anglais et le portugais appris jadis alors qu'il était en Angola. Depuis sa retraite en 1967, il fut consultant pour les questions pétrolières et revint en 1989 à Neuchâtel où il est décédé le 27 octobre 1995.

[Roland Kaehr]


07.11.2003