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Masques d'Angola - sommaire

Après un premier volume intitulé Les signes du pouvoir paru en 1992 dans la série «Collections du MEN», cette nouvelle publication vient révéler, tant pour les spécialistes que pour le public en général, les ressources encore trop peu connues de l’institution neuchâteloise.

Depuis 80 ans, le MEN abrite des collections recueillies lors des deux Missions scientifiques suisses en Angola (1928-1929 et 1932-1933), dont 55 masques qui comprennent presque tous les types existant chez les Cokwe, Ngangela et Nyemba. Parmi ceux-ci figure une majorité d’éphémères et fragiles constructions qui non seulement n’ont pas été détruites au terme des rituels, comme c’est souvent le cas, mais ont résisté aux aléas d’un transport périlleux et survécu à la malice des temps. Ocre rouge et kaolin soutachés de tissu et de bandelettes de papier contrastent encore franchement sur le noir de la résine couvrant un tissu d’écorce que tend un bâti de branchage.

Non contents de décrire les pièces une à une, illustrées de photographies, dans des notices rassemblant toute la documentation possible, les auteurs se sont encore efforcés de retrouver et réunir dans un même corpus tous les spécimens de l’ensemble dispersés au cours du temps, permettant ainsi de juger de la diversité tant des réalisations traditionnelles des années 30 que des productions déjà destinées à une clientèle touristique. Si la collecte n’a pas enrichi Lisbonne, des spécimens en provenance des deux missions se trouvent dispersés à Bâle, à Genève, à Zurich, à Berne et jusqu’à Rotterdam.

L’important texte qui précède le catalogue commence par évoquer les deux MSSA (Mission Scientifique Suisse en Angola), analysant en particulier d’un œil critique le récit de la deuxième mission, Pays et peuples. La difficile question n’est pas éludée du patrimoine africain expatrié sous l’étiquette d’œuvres d’art alimentant un marché spéculatif et de la position souvent ambiguë des pays d’origine confrontés à des priorités économiques inéluctables, tiraillés aussi entre le besoin à la fois de ne pas perdre leurs racines et la crainte de manquer la modernité.

A l’exception de pièces réservées à des divertissements, les masques interviennent essentiellement dans le cadre de l’initiation, ces longues épreuves qui font accéder tant les garçons que les filles au statut de membre à part entière de leur communauté. Une analyse est ainsi faite de leurs rôles hautement symboliques avant que ne soit détaillée une typologie des 18 formes représentées dans les collections du MEN.  

Présentation des auteurs

Manuel Laranjeira Rodrigues de Areia

Né en 1937, Manuel Laranjeira Rodrigues de Areia, licencié en sciences biologiques de l’Université de Coimbra et en sciences sociales de l’Université Libre de Bruxelles, docteur en anthropologie de l’Université de Coimbra et professeur à l’Instituto de Antropologia. A coté de nombreux articles, il a publié une volumineuse thèse sur Les symboles divinatoires des Cokwe d’Angola chez lesquels il a séjourné à plusieurs reprises. Cette recherche l’a conduit dès 1974 à Neuchâtel et il a ainsi commencé l’étude du fonds angolais du Musée qui compte parmi les plus importants du monde. Sa pratique des collections muséales l’a récemment amené à collaborer à des expositions et à leur catalogue : il a en outre été appelé à donner des cours tant au Cameroun qu’au Brésil. Il fait l’inventaire des collections angolaises au Portugal et en Europe et poursuit ses recherches dans le domaine de l’anthropologie africaine, en particulier sur la parenté et les structures du pouvoir.

Roland Kaehr

Lien direct vers sa biographie

Masques d'Angola