Exposition de référence : L’impermanence des choses (depuis le 26.11.2017)

L’équipe du Musée d’ethnographie de Neuchâtel présente dans la Villa de Pury une exposition de référence centrée sur ses collections faisant intervenir l’histoire de l’Institution, les fantômes qu’elle abrite, les enjeux qu’elle recouvre et les pratiques sociales qu’elle analyse.
Ce faisant, les concepteurs rappellent que les êtres humains et les biens matériels qu’ils échangent ne cessent de se transformer, tout comme le regard porté sur eux.
L’exposition elle-même se modifie au cours du temps : la première salle a être modifiée présente Ichoumamini, un retour sur une mission de Jean Gabus – qui sera conservateur du MEN – dans la baie de l'Hudson en 1938–1939.
Galerie d’images
Chapeauter, dans L’impermanence des choses

Qu’ils soient chapeaux, bonnets, coiffes ou casquettes, les couvre-chefs sont conservés en grand nombre dans les réserves du musée.
L’étude croisée des collections et des fonds photographiques du musée permet de dépasser une lecture strictement fonctionnelle – protéger, couvrir, distinguer – pour revenir aux fondamentaux de l’ethnologie et interroger des notions capitales, comme les rapports de pouvoir et les mécanismes de domination au sein des sociétés humaines.
Les chapeaux utilitaires occupent le devant de la scène. Cette présentation rend visibles les individus qui les ont portés, dont l’identité n’a généralement pas été consignée dans les processus de collecte. En contrepoint, le casque colonial et les coiffes de chefs apparaissent comme des marqueurs d’autorité et de hiérarchie. Aujourd’hui encore, le couvre-chef demeure un objet chargé de sens, dont le port peut révéler une affirmation identitaire, culturelle ou politique.
Cette présentation invite à considérer ces objets d’apparence ordinaire, pour en saisir la polysémie et la complexité historique et sociale.
Çà et là, dans l’Impermanence des choses

La logique géographique préside souvent à l’organisation des musées ethnographiques. Elle est également à l’œuvre dans cette exposition inaugurée dans le cadre du Printemps Culturel 2021 consacré au Sahel, dont le nom signifie « rivage » en arabe. Les riches collections sahélo-sahariennes du MEN ont été rassemblées principalement durant la deuxième moitié du XXe siècle, notamment sous l’impulsion de Jean Gabus, conservateur de 1945 à 1978.
Tout en présentant une sélection de ces artefacts, tantôt banals et familiers, tantôt prestigieux, cette exposition aborde la difficulté à témoigner de la complexité de dynamiques sociales à travers la culture matérielle. Les objets, disposés çà et là, évoquent certaines réalités de cette vaste région du monde.
Ils interrogent également la pertinence et l’arbitraire des frontières et des classifications, tout en rappelant que le réel et ses significations échappent constamment à nos velléités d’enfermements. Le dispositif invite à multiplier les regards, les lectures et les interprétations sur les choses exposées.
Une salle de L’impermanence des choses conçue en collaboration avec les étudiant•e•s de Master de l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel.
Ichoumamini, dans l’Impermanence des choses

Conçue par les étudiants de l’institut d’ethnologie, cette exposition ponctuelle revient sur la mission de Jean Gabus dans le Grand Nord canadien en 1938–1939 parmi les « Esquimaux-Caribous ».
Durant dix-huit mois sur le terrain, le futur conservateur du MEN (1945–1978) collecte des objets, des photographies et des enregistrements sonores et filmiques. Ses carnets de terrains, les articles de journaux, ses récits de voyages, ses publications scientifiques et ses romans ainsi que sa correspondance avec sa famille et avec son prédécesseur Théodore Delachaux offrent une image précise du déroulement de la mission.





















