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Huldufólk, le peuple caché

03.10.2026 – 02.05.2027

Vernissage samedi 03.10.2026, 16h

En Islande, la force du territoire impose le respect, mêlé au sentiment étrange que les paysages sont habités. Au fil des routes, des immensités désertiques et des centres urbains, au détour d’imposantes falaises de basalte comme de modestes places de jeux, se dévoilent des histoires en miroir peuplées de trolls, d’elfes et d’huldufólk : « le peuple caché ». Çà et là, des blocs de lave sont laissés intacts entre deux immeubles, à quelques mètres d’une villa ou au centre d’un îlot résidentiel. D’Álfhóll (« la butte de l’elfe ») à Dvergastein (« la pierre à nain ») en passant par Enbui (« l’ermite »), la toponymie témoigne de la personnification des lieux.

Conçue comme un parcours sensible déployé tout autour du Musée d’ethnographie de Neuchâtel, l’exposition Huldufólk, le peuple caché est le fruit d’une décennie d’exploration photographique. Au fil d’une soixantaine de clichés, Michel Eisenlohr entend relever un défi : photographier l’invisible... Inspiré par les contes et légendes, guidé par les recherches des ethnologues, géographes et archéologues, il nous propose une immersion dans un héritage immatériel et ses multiples lectures.

Car derrière la transmission et l’activation contemporaine des récits de cohabitation avec le « peuple caché », on décèle des questions bien plus subtiles et passionnantes que celle de trancher en faveur du vrai contre le faux, de la modernité contre la tradition, de la raison contre la superstition. Prise dans un faisceau de considérations tantôt politiques, spirituelles, touristiques, culturelles ou encore environnementales, la présence invisible du huldufólk ne révèle-t-elle pas, avant tout, une manière singulière d’habiter le monde ?

Image ci-dessus : Arnardrangur (« Rocher de l’aigle »)

Situé sur la plage de Reynisfjara, sur la côte méridionale islandaise,
cet éperon basaltique dialogue avec les Reynisdrangar,
des corps de trolls pétrifiés par la lumière du soleil.

 

Michel Eisenlohr

Né à La Ciotat en 1974, il est auteur photographe depuis une vingtaine d’années. Son itinéraire est le fruit d’une passion pour la littérature de voyage, d’un parcours universitaire sur les rites de l’initiation, et de ce goût des rencontres qu’il renouvelle à chaque destination.

C’est lors d’un voyage en 1998 en pays dogon qu’il réalise ses premières images. Depuis, il poursuit ses reportages en France et à l’étranger, sur le pourtour méditerranéen, de l’Afrique de l’Ouest au Proche-Orient, en Inde ou plus récemment en Asie et en Islande.